Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 7.djvu/114

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ni du fatalisme, parce qu’elle se sent faite pour être croyante, aimante et libre ; et, ne trouvant rien dans les doctrines des philosophes qui puisse la rendre telle, elle sent qu’il faut chercher ailleurs. Elle comprend que, si elle est fille du ciel, comme il lui semble se le rappeler, elle doit en avoir reçu quelque patrimoine, et peut-être quelque tradition elle se souvient aussi du Christianisme, qu’elle connut autrefois, et qui habite encore au milieu d’elle, et elle se demande si ce n’est pas de lui qu’elle doit entendre cette parole de progrès dont elle a faim. Ainsi, quand Rome, au milieu de ses conquêtes, recevait tout à coup d’étonnantes nouvelles, et se prenait à douter de son destin ; alors, si le sénat se troublait, si ses vieillards restaient muets sur leurs chaises curules, si les magistrat ? sans conseils ne savaient plus sauver la république, on faisait apporter dans la curie les livres de la Sibylle, et Rome se rassurait en y lisant l’oracle qui lui donnait l’empire de la terre.

III

Le genre humain, dans son existence terrestre, se compose d’une série de générations qui couvrent tour à tour la face du globe d’une multitude vivante, pour la couvrir ensuite d’une poussière sépulcrale. Si c’est là toute sa destinée, on ne conçoit-