Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 7.djvu/123

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qu’habitue à contempler face à face l’astre brûlant, le jeune oiseau plonge un regard plus assuré vers la terre et distingue plus aisément sa proie au fond de l’abîme: de même la foi, s’emparant de l’esprit humain dès l’heure de son premier réveil, le fait planer dans tes régions les plus élevées de la pensée, accoutume son oeil aux contemplations les plus éblouissantes et exerce ses forces aux méditations les plus ardues alors, si l’esprit redescendu de ces hauteurs veut explorer à leur tour les régions de la science, il y monte sans effort et s’y meut sans peine, il distingue avec rapidité la vérité sur laquelle il peut se reposer, il s’y attache avec persévérance ; et les premiers bienfaits qu’il recueille dans cette éducation de la foi, dans ce commerce journalier des idées religieuses, ce sont des habitudes méditatives et sévères, une portée de vue large et profonde, et une droiture exquise de jugement. Mais ce n’est point assez ; et, tout exercée que soit l’intelligence, elle rencontre dans son empire des ténèbres qui l’arrêtent. En effet, les sciences peuvent se diviser en deux grandes catégories selon les objets différents dont elles s’occupent. Les unes étudient les faits libres et variés qui se sont accomplis au sein de l’humanité, les révolutions qu’elle a subies et les raisons qui les produisirent ; et ces sciences, qu’on nomme historiques, présentent deux problèmes de la solution desquels dépend