Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 7.djvu/197

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

vent ni dans la foule qu’elle entraîne. Quand ce peuple, maître d’une des plus opulentes villes de l’univers, où il n’a ni brûlé un palais ni renversé une statue, ne demande à ses chefs qu’une seule chose, l’organisation , il se peut qu’il ne comprenne pas toute la difficulté ni toute la lenteur nécessaire de l’entreprise ; mais assurément il sait qu’il est las de ruines, il a hâte de reconstruire. Et, comme c’est le propre de la démocratie de reconstruire par en bas, elle commencera par la famille, c’est-à-dire par l’institution qui est celle de tous, qui rend les hommes égaux, puisqu’elle leur donne les mêmes titres sacrés, les mêmes devoirs et les mêmes joies ; qui les rend libres, puisque le propre de l’esclavage était de n’avoir point de foyer ; qui leur apprend à se traiter en frères. La révolution s’est faite contre l’égoïsme : il faut que l’esprit de sacrifice la consacre. La révolution s’est faite contre la corruption, c’est-à-dire contre une société relâchée, qui n’avait plus le courage de détester le mal, qui avait des emplois pour l’habileté sans foi, et des honneurs pour le talent sans vertu. La révolution ne peut finir que par l’avénement d’une société nouvelle sortie du travail, des privations, de tout ce qui a coutume de raffermir les consciences et les caractères. Cette société est pauvre, elle est laborieuse, il ne lui reste qu’à être chaste pour avoir tout ce qui fait les nations fortes. Il faut qu’elle demande des lois sévères, qu’elle grandisse