Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 7.djvu/332

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soumise à la même loi, aux mêmes progrès. Le genre humain vit et se meut comme un homme ; lui aussi a sa raison et son intelligence ; sa naissance, son enfance et sa jeunesse, sa santé et ses maladies.

Cette vérité étant reconnue, jetons nos regards sur la vie de l’homme, et nous y trouverons le mystère de la vie du genre humain.

Voyez comme l’homme est faible aux premiers jours de son existence, combien son intelligence est débile, comme sa raison semble assoupie ! Que de peines, que d’enseignements répétés ne faut-il pas pour l’enfanter à la vie intellectuelle et morale ! Mais aussi voyez-vous comme il est timide, simple et crédule, comme il accepte avec empressement tout ce qui lui est enseigné, comme il y ajoute ses propres exagérations, ses propres erreurs ! Trop faible encore pour apprendre par lui-même, il se courbe volontiers sous le joug de l’autorité, il croit. Bientôt un jour viendra où l’intelligence plus développée sentira sa force, se demandera compte de ses idées et scrutera ses croyances : c’est l’àge du doute, de l’examen. Que si, désespérant d’atteindre à la vérité, et pressé d’ailleurs par ses passions naissantes, l’homme renonce à sa haute destinée pour se plonger tout entier dans les jouissances matérielles, malheur à lui ! mais si, au contraire, il aspire à la découverte du vrai, s’il s’applique sans relâche à reconnaître ce qu’il y a de certain