Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 7.djvu/355

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

tement unanime de tous les hommes et de .tous les siècles qui le proclame la vertu est indépendante de l’intérêt, et la justice, de l’unité pratique c’est l’intention qui juge l’homme et non ses œuvres : il est vraiment vertueux, celui-là seul qui fait le bien pour accomplir le devoir ; elle est basse, elle est mercenaire, l’âme qui calcule le prix de ses bienfaits, Un abîme immense sépare le bien et le mal, le vice et la vertu la preuve en est dans ce sentiment d’horreur invincible qu’on éprouve en présence d’un grand coupable, dans cette voix du sang répandu qui crie vengeance, dans cette indignation qui s’empare de l’âme à l’aspect du crime heureux et impuni et si l’on dit que le crime est l’effet de la faiblesse, de l’ignorance et de la sauvagerie, comment expliquer l’énergie et les lumières de la plupart des scélérats célèbres ? comment se fait-il que l’enfance des hommes et des peuples, qui est l’âge de l’ignorance et de la faiblesse, soit aussi celui de l’innocence, et que la corruption des mœurs soit l’oeuvre d’un développement plus avancé ? C’est un grand égarement que de croire que l’homme naît grossier et vicieux dès les premières années de sa vie, au contraire, !a nature est son guide, il est juste par instinct. L’objet de l’éducation est de lui enseigner à devenir juste par raison ; mais trop souvent ce but n’est pas atteint : les inclinations mauvaises trouvent leur compte dans l’éducation même, parce qu’elle