Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 7.djvu/411

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où, Dieu les amenant devant lui, il leur donna des noms : de ce jour-là les sciences commencent leur pèlerinage à travers les siècles, bénies au ciel et vénérées sur la terre, saluées par la bouche de Salomon, sanctifiées encore par le baptême de la foi chrétienne, chargées dans le monde d’une mission de charité. Voilà les titres de leur grandeur. Il s’agit maintenant de reconnaître leurs fonctions, d’apprécier ce qu’elles ont fait, de prévoir les progrès auxquels elles doivent prétendre.- C’est dans l’esprit humain que toute science repose ; les sens, comme des portes ouvertes, donnent entrée aux impressions du monde extérieur ; les facultés actives et vigilantes recueillent les impressions, les élaborent, les élèvent à l’état d’idées, les coordonnent, les utilisent. Ces facultés sont au nombre de trois : la mémoire qui se borne à retenir les faits dans leurs rapports chronologiques, l’imagination qui les combine dans les rapports artistiques, la raison qui découvre leurs rapports logiques, reconnaît leurs lois et remonte à leurs causes. Sous ces trois facultés les sciences se distribuent en trois grandes catégories : l’histoire, dont la mémoire est dépositaire, et qui se divise en naturelle et civile ; la poésie, fille de l’imagination, et qui se présente tour à tour sous les formes héroïque, dramatique ou symbolique ; la théologie et la philosophie, qui ont dans la raison leur source commune[1], et

  1. Il faut se souvenir que Bacon était protestant.