Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 7.djvu/412

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dont la seconde se partage en trois branches, selon qu’elle s’occupe de Dieu, de la nature ou de l’humanité. Chacune de ces sciences se subdivise encore jusqu’aux plus délicates ramifications. Toutes les nuances de la pensée sont distinguées avec une perspicacité admirable, et jusqu’aux plus vulgaires occupations de la vie, toutes les choses qui peuvent occuper l’intelligence sont saisies et enveloppées dans un immense réseau. Plus d’une fois des lacunes se rencontrent, et le philosophe s’arrêtant avec complaisance, indique la façon de les remplir : plus souvent encore il aperçoit des travaux commencés au hasard et conduits sans prudence, et il les désigne à une réforme prochaine. Mais ce n’est là qu’une tâche secondaire, ce n’est point la sienne ; il n’est pas venu pour promener dans les angles obscurs du temple un flambeau qui n’éclaire qu’un point à la fois, et qui laisse le reste dans les ténèbres ; il veut suspendre au milieu de l’édifice une lampe resplendissante qui l’illumine tout entier : il a fait connaître aux sciences leur dignité, il a marqué leur territoire, il va leur donner une législation ; et là commence le Novum Organum.[1]L’homme, prêtre et interprète de la nature, ne saurait comprendre et agir qu’autant qu’il interroge cet infaillible oracle. Cependant, au lieu de se vouer à ce culte légitime, il a préféré s’incliner

  1. Le Novum Organum parut en 1620.