Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 7.djvu/463

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que Votre Majesté me crût encore propre à quelque chose, et voulût bien me conférer quelques , fonctions publiques, je voudrais me conduire de façon que rien ne pourrait me décourager. Je me tiendrais heureux de me retrouver à votre service, ne fût-ce qu’en qualité de pionnier ou de garçon de charrue.[1] » Et, en finissant ces lettres, il se comparait aux mendiants qui se tiennent sur la porte des églises, demandant l’obole des passants et promettant de la payer avec des prières. Le passant couronné fit comme tant d’autres, il laissa tomber l’obole dans la main du mendiant, mais il en détourna les yeux avec mépris, et ne le convia point a le suivre dans son palais. Bacon mourut dans la solitude, en 1626, à l’âge de soixante-six ans.


III


Et maintenant ne sont-ce point deux visions différentes qui viennent de passer devant nos yeux ? D’où vient que cet homme de génie et cet homme d’État portèrent tous deux le même nom de François Bacon ? Jamais il n’y eut tant de dissemblance entre deux frères N’y a-t-il point là quelque erreur de la postérité, quelque confusion de deux

  1. Lettre de Bacon, à la fin du deuxième volume de ses oeuvres en anglais.