Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 7.djvu/91

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venus se reposer au milieu du noble édifice. Le soubassement de leur mausolée n’est qu’un bloc de marbre, sans aucune des décorations qui enrichissent les sépultures de Miraflores. Mais les figures du connétable et de la comtesse sont très belles, l’armure et les draperies travaillées avec une rare délicatesse. Je ne trouve pas le nom du sculpteur : on dit seulement que les deux statues furent exécutées en Italie vers 1542. «  Ci-gît le très-illustre seigneur don Pedro Hernandez de Velasco, connétable de Castille, vice-roi de ce pays pour les Rois Catholiques, mort à l’âge de soixante-six ans, l’an 1492,- et avec lui la très-illustre dame dona Mencia, comtesse de Haro, fille de don Lopez de Mendoza et de dona Catalina de Figueroa, marquis et marquise de Santillane, morte à l’âge de soixante-dix-neuf ans en l’an du Christ 1500. » Les deux épitaphes réunissent les plus grands noms du moyen âge espagnol, qui semble descendre tout entier dans ce tombeau, mais y descend avec sérénité. Nous reconnaissons ici, comme à Miraflores, dans les monuments comme dans les chants des poëtes, le génie castillan tel qu’il était sorti du sol national. Nous le voyons religieux, chevaleresque, fastueux, mais en même temps aimable et serein, sans aucune trace de cette tristesse solennelle, de cette grandeur sombre qu’il prit sous la domination étrangère, quand les princes autrichiens vou-