Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 7.djvu/93

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cendre la grâce et la beauté dans ces œuvres des hommes. Des barbares étaient sortis’de leurs forêts, et ces brûleurs de villes ne semblaient faits que pour détruire. Vous les avez rendus si doux, qu’ils ont courbé la tête sous les pierres, qu’ils se sont attelés à des chariots pesamment chargés, qu’ils ont obéi à des maîtres, pour vous bâtir des églises. Vous les avez rendus si patients, qu’ils n’ont point compté les siècles pour vous ciseler des portails superbes, des galeries et des flèches. Vous les avez rendus si hardis, que la hauteur de leurs basiliques a laissé bien loin les plus ambitieux édifices des Romains, et en même temps si chastes, que ces grandes créations architecturales avec leur peuple de statues ne respirent que la pureté et l’immatériel amour. Vous avez vaincu jusqu’à la fierté de ces Castillans qui abhorraient le travail comme une image a de la servitude ; vous avez désarmé un grand nombre de mains qui ne trouvaient de gloire que dans le sang versé ; au lieu d’une épée, vous leur avez donné une truelle et un ciseau, et vous les avez retenus pendant trois cents ans dans vos ateliers pacifiques. Ô Notre-Dame ! que Dieu a bien récompensé l’humilité de sa servante ! et en retour de cette pauvre maison de Nazareth, où vous aviez logé son Fils, que de riches demeures il vous a données !»

Une femme chrétienne qui visitait aussi la cathé-