Page:Paradis - Le Temiscamingue a la Baie-d'Hudson BAnQ P134S1D1, 1884.djvu/31

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
31

Nature du Sol.

Pourtant, l’île d’Albani est composée d’un terrain les plus riches qui se puissent voir puisque ce n’est rien autre chose qu’un delta d’alluvion.

Cette île située à 13 milles de la mer, à l’embouchure de la rivière Albani, compte 20 milles de long sur 3 à 5 milles de largeur.

La partie supérieure est recouverte d’une végétation luxuriante de peupliers et de mélèzes de belles dimensions ; tandis que le bas qui semble de formation plus récente, est moins avancé sous ce rapport, d’après la théorie que j’ai exposée plus haut au sujet de la formation du littoral de la Baie-James.

Les sauvages de l’île m’ont fait remarquer un bosquet de peupliers haut d’une quarantaine de pieds, qui n’existait pas il y a 30 ans ; ajoutant qu’à cette époque l’endroit était entièrement submergé par les eaux du fleuve. Or à 2 ou 3 milles en aval de ce bois s’étend maintenant une prairie si solide que pendant une nuit, nous y avons planté nos tentes.

L’île d’Albani est sujette à de grandes inondation à l’époque de la débâcle. Celle qui eut lieu au printemps de 1881 fut une des plus terribles. On en voit encore la marque à mi-hauteur des fenêtres de notre église. La raison de ces crues excessives vient de ce que la fonte des neiges commence plus tôt à la source des rivières qu’à leurs embouchures situées à quelque cent milles plus au Nord.

Cependant il n’y a apparence d’aucun dégat sérieux puisque le fort, qui compte un âge assez respectable se tient encore debout avec aplomb et solidité.

Ce fort n’est pourtant pas le même que l’ancien Fort Ste Anne fondé par les Français et dont on retrouve encore les ruines à demi enfoncées sous terre de l’autre côté de la rivière, une couple de milles en amont.