Page:Paradis - Le Temiscamingue a la Baie-d'Hudson BAnQ P134S1D1, 1884.djvu/43

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un liquide, voudrait plus vraisemblablement dire que les eaux de cette rivière ne sont que de l’eau à moitié ; c-à-d. aussi bien que de la boue que de l’eau ; moitié l’une moitié l’autre. En effet, ces ondes ne sont que de la glaise détrempée. En second lieu, une autre particularité qui a dû frapper les sauvages c’est la division parfaitement prononcée entre les eaux claires de la Moose et les eaux vaseuses de l’Abittibi à l’endroit de leur jonction. Là encore, ils ont pu dire : « Abittibi », c-à-d. une moitié de la rivière est de l’eau, l’autre n’est que de la boue.

Quoiqu’il en soit de leur étymologie, les eaux de cette rivière resteront toujours fort embrouillées. C’est une marque d’ailleurs qu’elles traversent un bon terrain comme nous aurons l’occasion de le voir.

Navigation de l’Abittibi — trait-d’union entre
L’Ottawa & la Baie d’Hudson.

Dès sa sortie du Lac, l’Abitiibi peut avoir comme 200 pieds de largeur, peu à peu elle s’étend et se creuse ; mais je ne crois pas qu’elle ait en général une grande profondeur, à cause des sédiments sans cesse déposés au fond de son lit. Ce qui n’empêcherait pas qu’elle peut être navigable dans presque tout son parcours pour des bateaux assez considérables. De vastes espaces entre les rapides pourront être utilisés plus tard pour des fins de navigation jusqu’à la mer au moyen de canaux. Je suis loin de la rejeter. Sans doute, il y aurait bien de mauvais rapides à canaliser, mais le fait de relier la navigation de l’Ottawa avec la Baie d’Hudson par la hauteur-des-terres me semble quelque chose de si avantageux pour le pays que j’en fais un de mes rêves d’avenir. C’est une question qui aura son opportunité avant très-longtemps.

Aspect de la Rivière.

Pour le moment reprenons notre voyage. Nous sommes rendus à la jonction. La voici cette vaseuse Abittibi qui nous arrive de la gauche faisant force tapage à travers les cailloux qu’en mugissant, elle s’efforce de renverser. Une falaise à pic de 50 pieds environ forme la borne de séparation entre les deux rivières.

Nous disons adieu à la Moose avec