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Paradis - Le Temiscamingue a la Baie-d'Hudson BAnQ P134S1D1, 1884 (illustration page 54).png

Espèces de Bois.

Le pin rouge et de rares pins blancs se montrent encore sur les îles du Lac Abbitibi et dans les vallées à l’abri des montagnes. Le bois, en général, n’y vient pas très gros. En certains endroits pourtant, l’épinette blanche est belle. Ce dernier bois avec le tremble sont les arbres les plus communs. Le plateau de la hauteur des terres est en réalité la patrie du tremble. Il y a ceci de remarquable que cet arbre acquiert ici des proportions que l’on pourrait appeler gigantesques, comparé à ceux qui croissent dans les pays plus chauds.

Le tremble en effet, pousse très vite et s’accommode des étés courts. Il n’est pas douteux que plus tard il y ait des richesses à retirer du commerce de ce bois devenu précieux aujourd’hui pour la fabrication de la pulpe à papier. Lié en planches et en madriers le tremble fait aussi un excellent bois de commerce et peut être employé avec avantage aux ouvrages d’ébénisterie et de menuiserie qui n’ont pas à redouter l’intempérie des saisons.

Il n’y a raison de mépriser les productions d’aucun pays, si humbles qu’elles paraissent. Chacune dans son genre apporte son contingent à la prospérité commune. C’est aussi ce qui fait la richesse d’un pays comme le nôtre d’avoir dans son sein toute espèce de climat et conséquemment des produits très variés.

Possibilités Agricoles.

Mais si le climat de la Hauteur-des-terres est un peu plus froid que celui des régions inférieures, il ne peut pas de ce fait conclure à l’impossibilité d’y exercer aucune culture, puisqu’à Abittibi, sur le Versant septentrional on y récolte les mêmes céréales que dans la Province de Québec.

Non ! — Il faut mieux le répéter une fois pour toutes, nous n’avons nulle part dans ce territoire, un climat si rigoureux, ou des expositions si défavorables, qu’il soit impossible d’y établir de bonnes fermes et de faire vivre à l’aise un propriétaire industrieux. Ici, comme partout, il faut savoir approprier la culture au sol et ne pas jeter le blé là où doit germer l’avoine. Ce qu’il importe surtout et ce que je