Page:Paradis - Le Temiscamingue a la Baie-d'Hudson BAnQ P134S1D1, 1884.djvu/9

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
9

§1 — Influence de la Forêt sur le Climat.

L’auteur de nos longs hivers, de nos revers printaniers, de nos givres d’été, de nos gelées de Septembre, ce n’est pas la Baie d’Hudson, c’est la forêt.

Pour quiconque n’a pas mené la vie des bois, il est assez difficile de se faire une idée de ce que c’est qu’une forêt vierge et de l’influence qu’elle exerce sur la température d’un pays ; surtout quand ces forêts s’étendent sur une superficie de plusieurs centaines de lieues.

Que l’on veuille bien encore remarquer que les forêts qui recouvrent cette partie de l’Amérique du Nord sont presqu’exclusivement composées de conifères, arbres qui ne perdent jamais leur feuillage. Parmi ces essences, l’épinette est l’espèce prédominante.

Or tout le monde sait que l’épinette blanche surtout (la plus commune dans ces régions) a les branches fournies, serrées et compactes ; que ces arbres croissent très-rapprochés les uns des autres et n’admettent pas d’étrangers dans l’intimité de leurs cercles.

Ajoutons que ces monopoleurs de la forêt ont envahi tout le territoire qui s’étend depuis la hauteur-des-terres jusqu’à la Baie-James, où ils se sont tellement fortifiés depuis des siècles, qu’ils y ont atteint des proportions colossales.

L’épinette blanche est donc là dans sa patrie, c’est l’arbre indigène par excellence, elle s’y déploie avec une magnificence vraiment incroyable. Nous reviendrons sur ce fait en parlant du commerce. Pour le moment, il ne s’agit que d’étudier les effets produits sur la température du sol et de l’atmosphère par cette couche immense de verdure impénétrable aux rayons du soleil.