Page:Paris, Paulin - Commentaire sur la chanson de Roland, I.djvu/32

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Iréément parlat à sun parastre :
« Ahi, culvert ! malvais hom ! de pute aire ! » etc.

Évidemment, un seul des deux couplets appartient à la rédaction originale.

Mais une fois M. Fauriel aux dents de M. Génin, il ne sera pas lâché pour si peu ; écoutons bien ; c’est de la Bible, ou du moins du National :

« Je suis fâché de le dire, mais M. Fauriel décide trop souvent des choses qu’à peine il a entrevues. Par exemple : Adam le Roi a composé un roman sur les premiers exploits d’Ogier le Danois, qu’il a intitulé les Enfances d’Ogier. Évidemment, M. Fauriel n’a pas lu ce poëme. Il saurait qu’il n’y est pas question des premiers exploits d’Ogier, non plus que dans les Enfances Vivien des premiers exploits de Vivien, mais de la vie entière de ces héros. Ce mot Enfances, qui égaré M. Fauriel (et bien d’autres érudits), signifie les traditions, la légende. Il vient d’in et de fari. De même les Enfances Jésu, c’est la vie de Jésus, l’ensemble des traditions, le récit complet des évangiles. »

Pour rétablir la vérité, il suffit de reprendre les paroles de M. Génin :

« Je suis fâché d’être obligé de le dire, mais M. Génin décide trop souvent des choses qu’il n’a pas même entrevues. Par exemple, il nous dit que, dans les Enfances Ogier d’Adam le Roi, il n’y est pas question des premiers exploits d’Ogier. Évidemment, M. Génin n’a pas lu le poëme. Il saurait qu’il n’y est pas question d’autre chose, et que le poëte s’y arrête avant la lutte d’Ogier contre Charlemagne. De même, dans les Enfances Vivien, il s’agit des premières années du héros, de ses premières années passées chez les Sarrasins, non de la bataille d’Aleschamps et de sa glorieuse mort. Ce mot Enfances, qui n’a pu jamais égarer que M. Génin, est la traduction du mot Infantia. Jamais il ne s’est pris pour actions, gestes, narration générale. Enfances Jésu et l’Évangile de l’Enfance sont les récits de la première jeunesse du Sauveur.  »

Nous pourrions nous arrêter là ; mais M. Génin alléguant des exemples qui, s’ils étaient séparés de toute autre étude, sembleraient embarrassants, nous lui représenterons que, 1° dans le Graal, l’auteur dit qu’on racontera les enfances, puis les autres actions de Jésus-Christ ; 2° dans la Vie de saint Edmund, le poëte annonce qu’il va raconter l’enfance, puis les autres actions du