Page:Paris, Paulin - Commentaire sur la chanson de Roland, I.djvu/39

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c’est-à-dire, l’après-midi fut belle et le soleil sans nuages par :

Le soir fut beau, le soleil luisoit cler.


C’était mieux qu’une éclipse de lune.


Chapitre vii. — Imitation de Roland. — Il y a peu d’injures et de paradoxes dans ce chapitre. M. Génin s’y contente d’exploiter les matériaux rassemblés par M. Francisque Michel. Il y revient, il est vrai, sur « le petit nombre d’ouvrages de l’ancienne littérature exhumés au gré du hasard plutôt qu’au choix du goût. » Mais nous ne devons pas relever cette impertinence, quand celui qui l’exprime s’est contenté de faire la troisième édition d’un de ces ouvrages. Nous conviendrons même avec lui qu’on a, jusqu’à présent, exhumé peu de livres écrits au onzième siècle ; l’excuse en est facile : en ce temps-là on ne faisait guère de livres en langue vulgaire ; du moins a-t-on publié ceux que l’on a découverts. Tout ce que les critiques ont pu faire, c’est de conjecturer que quelques rares fragments, comme l’Hymne de sainte Eulalie et la version provençale de Boèce, appartenaient à cette époque reculée. Pour le manuscrit d’Oxford, il est au plus tôt du douzième siècle, et M. Francisque Michel l’avait suffisamment prouvé.

M. Génin ne connaissait de la chanson d’Aspremont que les fragments publiés par M. Immanuel Bekker, en tête du Fierabras. Roquefort, au contraire, avait lu tout le poëme dans les manuscrits, et il en avait avec raison placé la scène en Italie ; car les défilés d’Aspremont forment une partie des Apennins. La topographie est là parfaitement claire, depuis Rome, point de départ des Français, jusqu’à Rizze, ancien nom de la ville de Reggio.

M. Génin, qui n’y regarde pas de si près, vous transporte bravement Aspremont dans les Pyrénées : « Les deux armées sont campées des deux côtés du redoutable Aspremont : ce sont les Pyrénées, et M. de Roquefort s’est trompé en disant qu’Aspremont était les Alpes ou les Apennins. » (P. cxxvii.) Ici le bonhomme Roquefort s’est trompé, comme M. Fauriel en prétendant qu’enfances signifiait enfances, et vielle un violon ; comme M. Michel quand il a pris Caneliers pour un nom de peuple, et quand des cheveux blois n’ont pas été pour lui des cheveux d’un noir de jais.