Page:Paris, Paulin - Lettre au traducteur de Fiéramosca sur les romans du Moyen-âge.djvu/15

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la France ; mais on sait qu’en matière de mode, et par conséquent en matière de romans, notre pays avait, avant la révolution, le privilége de mener en laisse les nations voisines. Au milieu de ces divers genres enfantés et repoussés tour-à-tour par le caprice, naquirent des chefs-d’œuvres destinés à vivre toujours. Je n’ai pas besoin de nommer ici don Quichotte, Tom Jones, Gilblas, Clarisse, la nouvelle Héloïse, et Paul et Virginie.

Aujourd’hui le roman a essayé toutes les formes, toutes les allures. Les plus nombreux suffrages ont d’abord été acquis au roman historique ; c’est, en effet, le moyen le plus commode d’apprendre l’histoire, au jugement de ceux qui ne jugent pas cette étude assez intéressante quand on l’a dépouillée du costume des fables. On a dit que notre goût pour ce genre de compositions indiquait une violente passion pour l’histoire : il ne serait pas difficile de soutenir la thèse contraire. Les apologues n’ont jamais prouvé que l’homme aimât la vérité nue et l’on ne dissimule en général que les objets dont le véritable aspect serait en lui-même insupportable. Cosi all’ egro fanciul, vous connaissez les beaux vers du Tasse.