Page:Paris, Paulin - Mémoire sur le cœur de saint Louis.djvu/13

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


données à Charles d’Anjou des ossements rapportés en France ; les autres font une mention particulière du cœur, et voici dans quels termes. L’abbé de Choisy, Histoire de saint Louis, tom. 2, p. 149, in-4° : « Le cœur avec les os furent mis dans une quaisse, et dans une autre les chairs et les entrailles. Le prince Philippe voulait avoir l’une et l’autre ; mais il se laissa fléchir aux prières du roi de Sicile, qui eut la chair et les entrailles qu’il envoya à Montréal. »

Dom Felibien, Histoire de l’abbaye de Saint-Denis, liv. V, p. 247 : « Les officiers du roi mirent le corps dans de l’eau et du vin qu’ils firent bouillir. Par ce moyen ils séparèrent les chairs des os. Les chairs avec les intestins furent donnés au roi de Sicile ; pour les ossements, après les avoir lavés, on les enveloppa dans une étoffe de soie remplie de parfums que l’on mit avec le cœur dans une quaisse pour estre envoyée en France… Philippe depescha aussitôt Geoffroi de Beaulieu et Guillaume de Chartres, pour aller en France ordonner des prières publiques pour le repos du feu roi son père. Il les avait chargés d’abord de porter la quaisse où étaient les ossements ; mais il ne put se résoudre à se priver d’un trésor qu’il espérait devoir faire sa sûreté et celle de toute l’armée. »

Velly, dans son Histoire de France, M. Michaud dans celle des Croisades, et une foule d’autres auteurs moins autorisés, parlent dans le même sens et en termes parfaitement analogues, et si nous venons aux critiques de profession, nous ne trouverons que Jean Stilting, le bollandiste, qui ait cru devoir incliner vers l’opinion que M. Letronne a tranchée du premier coup d’œil.

Mais Adrien Baillet, dont l’opinion comme critique est certainement préférable à celle de Stilting, ne partage pas l’hésitation de ce dernier. « Les os du saint roi, dit-il dans la Vie des saints (tom. VI, p. 216), furent mis avec le cœur dans une caisse fort riche. Pour les chairs et les entrailles, le roi de Sicile, Charles d’Anjou, fit tant d’instances auprès du nouveau roi qu’il en obtint la disposition. »

Enfin une autre autorité plus recommandable encore nous autoriserait à ne pas décider violemment cette question au profit de Charles d’Anjou. Je veux parler d’un écrivain dont le jugement exquis, l’érudition consommée, la pénétration pro-