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LE LIVRE LATIN DU GRAAL.

et les Grecs. J’oserai donc appliquer à M. de Montalembert les paroles que notre romancier adresse au poëte Wace. Si le clergé breton ne lui semble pas avoir jamais décliné la suprématie du souverain pontife, c’est qu’il n’avait pas connaissance du livre du Saint-Graal, dans lequel il eut vu l’origine et les motifs de cette résistance incontestable.

Que les Bretons du sixième siècle aient reconnu pour leurs premiers apôtres les disciples du Sauveur, ou bien seulement le décurion Joseph d’Arimathie, cette tradition est, en tous cas, le fondement de l’édifice romanesque élevé dans le cours du douzième siècle. Passons de l’époque de la première conversion des Anglo-Saxons, à la fin du septième siècle, alors que l’antagonisme des deux Églises, exalté par le massacre des moines de Bangor et le triomphe des Saxons, n’a rien perdu de sa violence. Les deux derniers rois de race bretonne, Cadwallad et Cadwallader, ont été l’un après l’autre chercher un refuge en Armorique : le premier, auprès du roi Salomon[1], dont les vaisseaux le ramenèrent bientôt dans l’île ; le second, auprès du roi Alain

  1. La Nef de Salomon dont l’imagination gallo-bretonne a tiré un si merveilleux parti dans le Saint-Graal et la seconde partie de Lancelot, doit peut-être son inspiration à l’un des vaisseaux fournis par le roi breton Salomon à Cadwallad.