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INTRODUCTION.

le Long, ou le Gros. Cadwallad, pour quelque temps rétabli, laissa dans les établissements saxons une trace sanglante et prolongée de son retour. Après sa mort, son fils Cadwallader, victime d’une lutte renouvelée, quitta et abandonna la Grande-Bretagne en promettant d’y revenir comme avait fait son père ; mais, au lieu d’accepter les secours que semblait lui offrir Alain, il s’en va mourir à Rome, où le Pape le met au rang des saints et lui fait dresser un tombeau, objet de la vénération des pèlerins bretons. Ceux-ci, refoulés dans le pays de Galles, attendaient toujours de leurs princes la fin de la domination étrangère ; car les bardes, dont l’influence se confondait avec celle des clercs, avaient annoncé que Cadwallad, d’abord, puis Gadwallader, étaient prédestinés à renouveler les beaux jours d’Artus, et que ce n’était pas en vain que Joseph d’Arimathie avait jadis apporté dans l’île le vase dépositaire du vrai sang de Jésus-Christ.

Je ne sais ; mais tout me porte à croire que la tradition de ce vase miraculeux grandit au milieu des circonstances que je viens d’indiquer. Les noms de Cadwallad et d’Alain le roi de la Petite-Bretagne rappellent de trop près ceux de Galaad, chevalier destiné à retrouver le vase, et d’Alain le Gros, qui devait en être le gardien, pour nous permettre d’attribuer au