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INTRODUCTION.

quand sa dépouille mortelle serait ramenée en Bretagne et qu’on retrouverait certaines reliques saintes[1] qu’on avait enfouies pour les soustraire à la fureur des païens. »

Ce fut trente ans environ après la mort du roi Cadwallader, vers l’an 720, qu’un clerc du pays de Galles, prêtre ou ermite, s’avisa d’insérer dans un recueil de leçons ou de chants liturgiques l’ancienne tradition de l’apostolat de Joseph d’Arimathie et du précieux vase dont il avait été dépositaire. Pour donner à ce Graduel (voyez Du Cange, à Gradale) une incomparable autorité, il annonça que Jésus-Christ en avait écrit l’original, et lui avait ordonné de le copier mot à mot, sans y rien changer. Il avait, dit-il, obéi, et transcrit fidèlement l’histoire de l’amour particulier du Fils de Dieu pour Joseph, de la longue captivité de celui-ci, de sa délivrance miraculeuse, due au fils de l’empereur Vespasien, que la vue de l’image du Sauveur, empreinte sur le voile de la Véronique, avait guéri de la lèpre. Joseph, premier évêque sacré de la main de Jésus-Christ, avait reçu le privilége d’ordonner les autres évêques et de donner commencement à la hiérarchie ecclésiastique. Il était arrivé miracu-

  1. Tunc demum, revelatis etiam cæterorum sanctorum reliquiis, quæ propter paganorum invasionem absconditæ fuerant, amissum regnum recuperarent, etc.