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LE LIVRE LATIN DU GRAAL.

Peut-être le prosateur avait-il lu espousée au lieu d’espurée, ce qui l’a conduit à une énorme bévue : « Ainsi lava nostre sire luxure d’homme et de femme, de pere et de mere par mariage. » Mais le mariage, ayant été institué avant la chute d’Adam, ne devait rien à Jésus-Christ fait homme, et Boron n’avait rien dit de pareil.

C’est encore par suite d’une autre méprise que le prosateur qualifie du titre de comte de Montbéliart messire Gautier, qui ne fut jamais investi de ce fief, régulièrement recueilli par son frère aîné. Il serait superflu de donner d’autres moyens de distinguer le texte original de la mise en prose. D’ailleurs je craindrais de retenir trop longtemps mon lecteur sur une matière aride, en accumulant les arguments en faveur des allégations précédentes. Je dirai seulement qu’une étude opiniâtre m’a fait pénétrer dans les nombreux détours du terrain que j’avais à parcourir ; que je crois avoir reconnu l’ordre chronologique des récits, la forme et l’étendue de chaque rédaction, la part qui revient à chacun des auteurs désignés ou anonymes. Je crois marcher sur un fond solide, et l’on peut me suivre avec confiance ; sauf à me confondre plus tard, si l’on parvient à détruire la force des raisons auxquelles je me suis rendu.