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D’ARIMATHIE.

entre toi et Bron. Dis à Moïse que, s’il est tel qu’il le prétend, il peut compter sur la grâce et s’asseoir avec vous. »

Joseph étant retourné vers les siens : « Dites à Moïse que, s’il est digne de la grâce, nul ne peut la lui ravir ; mais qu’il ne la réclame pas s’il ne le fait de cœur sincère. — Je ne redoute rien, » répond Moïse, « dès que Joseph me permet de prendre siège avec vous. » Alors ils le conduisirent au milieu d’eux, dans la salle où la table était dressée.

Joseph s’asseoit, Bron et chacun des autres, à leur place accoutumée. Alors Moïse regarde, fait le tour de la table et s’arrête devant le siège demeuré vide à la droite de Joseph. Il avance, il n’a plus qu’à s’y asseoir : aussitôt voilà que le siège et lui disparaissent comme s’ils n’avaient jamais été, sans que le divin service soit interrompu. Le service achevé, Petrus dit à Joseph : « Jamais nous n’avons eu tant de frayeur. Dites-nous, je vous prie, ce que Moïse est devenu. — Je l’ignore, » répondit Joseph, « mais nous pourrons le savoir de Celui qui nous en a déjà tant appris. « 

Il s’agenouilla devant le vaisseau : « Sire, aussi vrai que vous avez pris chair en la vierge Marie[1] et que vous avez bien voulu souf-

  1. Ici finit la lacune dans le poëme.