Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 1.djvu/171

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
165
AU SAINT-GRAAL.

me dit à genoux : « Madame vous salue, celle qui dut au Chevalier au cercle d’or sa délivrance[1], le jour que celui que bien connaissez vit la grande merveille. Elle vous envoie à manger. » Il développa la toile, en tira des œufs, un gâteau blanc et chaud, un hanap et un barillet plein de cervoise. Je mangeai avec appétit, puis je dis au valet de recueillir ce qui restait et de le reporter à la dame en lui rendant grâce de son envoi.

« Le valet s’éloigna, et je repris mon chemin à la suite de la bête. Nous sortîmes du bois au déclin du jour, et arrivâmes à un carrefour, devant une croix de bois. Là s’arrêta la bête : j’entendis un bruit de chevaux, puis parurent trois chevaliers. « Bien êtes-vous venu ! » me dit le premier en descendant ; il me prit par la main, me pria de venir héberger chez lui. « Emmenez les chevaux, » dit-il à son écuyer. Je suivis les deux chevaliers jusqu’à l’hôtel. Le premier crut me reconnaître à un signe que j’avais sur moi ; il m’avait vu dans un lieu qu’il me nomma. Mais je ne voulus rien lui dire de ce que j’avais en pensée, si bien qu’il n’insista pas et se contenta de me recevoir aussi bien que possible.

« Je repartis le matin, et reconnus la bête à la

  1. « Requéist de sa perde » (ms. 759), « reçut » ms. 747.