Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 1.djvu/18

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


heureusement que de rares fragments, rappelle à sa maîtresse ces compositions :

Onques n’oïstes-vous parler
Que moult savoie bien harper ?
Bons lais de harpe vous apris,
Lais bretons de nostre païs.

Et Marie de France a raconté avec un charme particulier à quelle occasion Tristan avait trouvé le lai du Chevrefeuil : il en était, dit-elle, d’Iseut et de Tristan,

Come del chevrefeuil estoit
Qui à la codre se prenoit.
Ensemble pooient bien durer,
Mais qui les vousist desevrer,
Li codres fust mors ensement
Com li chievres, hastivement.
« Bele amie, si est de nus :
« Ne vus sans mei, ne jo sans vus. »
Pour les paroles remembrer,
Tristans qui bien savoit harper
En avoit fet un novel lai ;
Assez briefment le numerai :
Gottlief, l’apelent en engleis,
Chievre le noment en franceis.

Or ce lai du Chevrefeuil était déjà regardé au douzième siècle comme un des plus anciens. L’auteur de la geste des Loherains le fait chanter dans un banquet nuptial :

Grans fu la feste, mès pleniers i ot tant ;