Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 1.djvu/19

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Bondissent timbre, et font feste moult grant
Harpes et gigues et jugléor chantant.
En lor chansons vont les lais vielant
Que en Bretaigne firent li amant.
Del Chevrefoil vont le sonet disant
Que Tristans fist que Iseut ama tant.

Au reste, il ne faut pas croire que tous les sujets traités dans les lais bretons se rapportassent à des aventures bretonnes. Marie de France, dans sa version du lai de l’Espine, parle d’un Irlandais qui chantait l’histoire d’Orphée :

Le lai escoutent d’Aelis
Que un Irois doucement note[1].
Mout bien le sonne ens sa rote.
Après ce lai autre comence.
Nus d’eux ne noise ne ne tense.
Le lai lor sone d’Orféi ;
Et quant icel lai est feni,
Li chevalier après parlerent,
Les aventures raconterent
Qui soventes fois sont venues,
Et par Bretagne sont séues.

  1. Les bardes irlandais étaient renommés en Angleterre et même en France, ainsi qu’on peut le conclure de ce passage. Ajoutons que sous le règne d’Étienne on voit un prince de North-Wales, Gryfydd ap Conan, faire venir des chantres irlandais pour instruire et réformer les bardes gallois. (Walker, Mém. hist. sur les bardes irlandais, cité par M. Park, dans Warton, Dissertat. I.)