Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 1.djvu/186

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
180
LE SAINT-GRAAL.

Il y vit un petit autel couvert d’un linge blanc sous un premier drap vermeil. Sur l’autel étaient posés trois clous et un fer de lance. Un vase d’or en forme de hanap occupait la place du milieu. La toile blanche jetée sur le hanap ne lui permit pas de distinguer le couvercle et ce qu’il enfermait. Devant l’autel, il vit trois mains tenir une croix vermeille et deux cierges, mais il ne sut pas reconnaître à quels corps ces mains appartenaient.

Il entendit un léger bruit ; une porte s’ouvrit et laissa voir une chambre dans laquelle deux anges tenaient, l’un une aiguière, l’autre un gettoir ou aspersoir. Après eux venaient deux autres anges portant deux grands bassins d’or, et à leur cou deux toiles de merveilleuse finesse. Trois autres portaient des encensoirs d’or illuminés de pierres précieuses, et de leur autre main des boîtes pleines d’encens, de myrrhe et d’épices dont la suave odeur se répandait à l’entour. Ils sortirent de la chambre les uns après les autres. Puis un septième ange, ayant sur son front des lettres qui disaient : Je suis appelé la force du haut Seigneur, tenait dans ses mains un drap vert comme émeraude qui enveloppait la sainte écuelle. Trois anges allèrent à sa rencontre portant des cierges dont la flamme produisait les plus belles couleurs du monde. Alors Josephe vit paraître Jésus-Christ