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PREMIÈRE MESSE.

semblé le vit clairement ainsi que les anges dont il était environné.

Et quand Josephe eut fait le signe de la croix, voilà qu’un homme aux longs cheveux blancs sortit de l’arche, portant à son cou le plus riche et le plus beau vêtement que jamais on put imaginer. En même temps parut un autre homme, jeune et de beauté merveilleuse, tenant dans l’une de ses mains une crosse, dans l’autre une mitre de blancheur éclatante. Ils couvrirent Josephe du vêtement épiscopal, en commençant par les sandales, puis le reste du costume, depuis ce temps-là consacré. Ils assirent le nouveau prélat dans une chaire dont on ne pouvait distinguer la matière, mais étincelante des plus riches pierreries que la terre ait jamais fournies[1].

Alors tous les anges vinrent devant lui. Notre-Seigneur le sacra et l’oignit de l’huile prise dans l’ampoule que tenait celui des anges qui l’avait arrêté précédemment au seuil de l’arche.

  1. Ici le romancier ajoute que cette chaire était encore de son temps conservée dans la ville de Sarras, sous le nom de Siège spirituel. Jamais homme n’eut la témérité de s’y asseoir sans être frappé de mort ou privé de quelqu’un de ses membres. Plus tard, le roi d’Égypte Oclefaus essayera vainement de la mouvoir : quand il voudra s’y asseoir, les yeux lui voleront de la tête ; il sera, le reste de ses jours, privé de l’usage de ses membres.