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LE SAINT-GRAAL.

les corps de toutes ces victimes. « Regarde, Josephe, » criait Ascalaphas, « regarde comme je sais venger ton Dieu de ses ennemis ! — Et qui t’en a donné le droit ? — Jésus-Christ lui-même. — Tu as menti ! » Disant ces mots, il courut à lui dans l’intention de le lier. Mais un ange au visage ardent lui ferma le passage et lui perça la cuisse d’une lance dont le fer demeura dans la plaie. « Cela, » dit-il, « t’apprendra à ne plus retarder le baptême des bonnes gens, pour aller au secours des ennemis de ma loi. » À douze jours de là, Nascien, curieux indiscret, voulut voir ce que contenait la sainte écuelle : il souleva la patène et comprit toutes les merveilles qui devaient advenir dans le pays choisi pour être le dépositaire de cette précieuse relique. Il fut puni d’un aveuglement subit. Mais l’ange qui avait blessé Josephe reparut et, prenant en main le fût de la lance dont le fer était demeuré dans la plaie, il l’approcha de Josephe, le posa sur le fer dont elle était séparée. Da la plaie sortirent de grosses et nombreuses gouttes de sang : l’ange les recueillit, en humecta le bout du fût, et le rejoignit au fer, de façon qu’on ne put désormais deviner que l’arme eût été tronquée. Seulement, à l’entrée de la période aventureuse, on verra les gouttes de sang s’échapper de la lance, et l’arme ira blesser un autre homme du