Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 1.djvu/201

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
195
MORDRAIN ET NASCIEN.

même lignage et de même vertu que Josephe. C’est là ce que la seconde partie du livre de Lancelot devra nous raconter. L’ange vint ensuite à Nascien, humecta ses yeux d’une certaine liqueur, et lui rendit la vue que son indiscrétion lui avait fait perdre[1].

Josephe, guéri de la plaie angélique, acheva la conversion de tous les gens de Sarras et d’Orcanie. Des soixante-deux, soixante-cinq ou soixante-douze parents sortis avec lui de Jérusalem, il en sacra trente-trois, comme évêques d’autant de cités dans ces deux contrées. Les autres, après avoir été ordonnés prêtres, furent dispersés dans les villes moins importantes.

Il découvrit ensuite les lieux où reposaient les corps de deux ermites à l’un desquels la reine Saracinthe, femme de Mordrain, avait dû sa conversion. Un livret conservé dans chacune des fosses disait, le premier : « Ci gist Saluste de Bethléem, le beau sergent de Jésus-Christ, qui fut trente-sept ans ermite, et ne mangea plus aucune viande accommodée de la main des hommes. » Le second : « Ci gist Hermoines, de Tarse, qui vécut trente-quatre ans et sept mois, sans changer une fois de

  1. Cette punition de la curiosité de Nascien, géminée avec la punition de Mordrain, est renouvelée dans un des chapitres suivants.