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LE SAINT-GRAAL.

gueur n’était pas moindre de douze cent quatre-vingts stades, et sa largeur de huit cent douze stades. Le stade est la seizième partie d’une lieue[1] ; l’île Tournoyante avait donc quatre-vingts lieues de large sur quatre-vingt-sept de longueur.

Au reste, ajoute ici notre conteur, le Livre ne garantit pas que l’île Tournoyante ne fût encore d’une plus grande étendue ; il se contente d’affirmer qu’elle avait au moins celle qu’il lui assigne. Le Graal dit quelquefois moins, mais jamais plus que la vérité. Nul mortel assurément ne connaîtra tout-à-fait ce que renferme le Graal, mais au moins pouvons-nous promettre qu’on n’y trouvera jamais rien qui s’écarte de la vérité. Et qui oserait douter des paroles écrites par Jésus-Christ lui-même, c’est-à-dire par la source de toutes les vérités ? On sait que Notre-Seigneur, avant de monter au ciel, avait seulement deux fois tracé des lettres. La première fois, quand il fit la digne oraison de la Patenôtre ; il la traça de son pouce sur la pierre. La seconde fois, quand, les Juifs ayant amené la femme adultère, il écrivit sur le sable : « Que celui de vous tous qui est sans péché lui

  1. Ce calcul est juste ; et la mention des stades (estas) semble indiquer pour cette légende une origine grecque ou byzantine.