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LA NEF DE SALOMON.

deux côtes, fournies l’une par le serpent nommé Palaguste, qu’on trouve surtout dans le pays de Calédonie : quand on la touche, on devient insensible à l’ardeur du soleil, on a toujours le corps frais et dispos. L’autre côte venait d’un poisson de grandeur médiocre, nommé Cortenans, et qu’on trouve dans le fleuve d’Euphrate. Celui qui la touche oublie aussitôt les sujets qu’il avait eus jusque-là de tristesse ou de joie, pour être tout entier à la pensée qui lui avait fait saisir l’épée. Le drap vermeil sur lequel cette épée était placée laissait voir des lettres qui disaient : Je suis merveilleuse à voir, plus merveilleuse à connaître. Le privilège de m’employer n’appartiendra qu’à un seul, lequel surpassera en bonté tous les autres hommes qui sont nés ou à naître.

Nascien lut ensuite les lettres tracées sur la partie découverte de la lame ; elles disaient : Que nul ne soit assez hardi pour achever de me tirer, s’il ne sait mieux frapper que personne. Tout autre serait puni de sa témérité par une mort soudaine.

Il examina ensuite le fourreau, dont il ne put reconnaître la véritable matière. Il était de la couleur d’une feuille de rose, et portait une inscription en lettres d’or et d’azur. Quant aux bandes ou renges qui tenaient le fourreau,