Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 1.djvu/249

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
243
QUÊTE DE MORDRAIN.

par le roi Mordrain, le duc Nascien et le jeune Célidoine.

Les cinq prud’hommes prirent leur chemin vers Égypte, et arrivèrent dans la ville de Coquehan, patrie de l’aïeul de la bonne dame Marie l’Égyptienne. Avertis, dans un songe, qu’ils faisaient fausse route, et que celui qu’ils cherchaient errait en ce moment sur la mer de Grèce, ils revinrent sur leurs pas et entrèrent dans Alexandrie, où ils ensevelirent un de leurs compagnons qui n’avait pu supporter la chaleur excessive du climat.

Sur le rivage ils aperçurent une nef qui semblait abandonnée. Grande fut leur surprise, en l’abordant, de trouver sur le pont et dans le fond de la nef deux cents cadavres. Ils regardèrent çà et là, et découvrirent enfin une jeune dame qui fondait en pleurs. Comment et par quelle aventure se trouvait-elle en pareil lieu ? « Seigneurs, » leur dit-elle, « si vous promettez de m’épargner, je vous le dirai : les gens que vous voyez étaient sujets du roi Label, mon père ; il prit envie, il y a quelque temps, au roi Ménélau, un de mes oncles, d’aller voir son fils, gouverneur de Syrie. Il se mit en mer et me permit de l’accompagner. Le roi de Tarse, qui depuis longtemps était en guerre avec lui, ayant avis de son départ, fit équiper un grand nombre de nefs et vint