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LE SAINT-GRAAL.

visiter les malades et de répondre à ceux qui vinrent le consulter sur leurs infirmités. L’empereur, auquel tout le monde se plaignait du silence d’Ipocras, eut beau le prier, il répondit qu’il avait perdu toute sa science, et qu’il ne la pourrait retrouver qu’après avoir obtenu vengeance de la honte qu’on lui avait faite.

Revenons maintenant à la belle dame, la plus heureuse d’entre toutes les femmes, pour avoir ainsi trompé le plus sage des hommes. Elle ne s’en tint pas encore là ; mais, faisant venir un orfévre de Rome qu’elle connaissait beaucoup, et, comme elle, venu des parties de la Gaule, elle lui dit, sous le sceau du secret, ce qu’elle avait fait d’Ipocras. « Je vous prie maintenant, » lui dit-elle, « de disposer pour moi une table dorée de votre meilleur travail, avec l’image d’Ipocras au moment où il entre dans la corbeille, à laquelle tiendra une corde. Dès que vous l’aurez faite, vous attendrez la nuit, et vous la porterez vous-même sur le pilier où sont déjà les images d’Ipocras et de Gaius. Surtout, si vous aimez votre vie, faites que personne ne sache rien de tout cela. » L’orfévre promit tout, et la table qu’il exécuta fut plus belle, l’image d’Ipocras plus fidèle que la dame ne l’avait espéré.

Quand il fut parvenu secrètement à la fixer