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LE SAINT-GRAAL.

s’élancer sur Agron, accusèrent Josephe de l’avoir évoqué par ses enchantements ; ils le saisissent, le lient et le conduisent à la forteresse. Comme ils voulaient le pousser dans une noire prison : « Eh quoi ! » leur dit-il, « je suis venu pour rendre la santé à votre duc Matagran, et vous me traitez ainsi ! » Il avait à peine prononcé ces mots que le sénéchal du pays s’avance furieux et le frappe de son épée, précisément à l’endroit où il avait été jadis frappé par l’ange. La lame se brisa en deux, et le premier tronçon demeura dans la plaie. « Je suis venu, » dit Josephe, « pour guérir les malades, et c’est vous qui me blessez ! Conduisez-moi soit à votre maître, soit dans le temple de vos dieux, et vous verrez si vous ne vous êtes pas mépris sur mon compte. »

On le conduisit au temple, et tout aussitôt il se mit à prêcher la sainte loi. Le peuple l’écoutait avec attention : « Si, » lui dit-on, « vous rendez la santé à tous nos infirmes, nous croirons en votre Dieu. » Josephe se mît alors à genoux et fit une prière fervente ; avant qu’il fût relevé, le tonnerre éclata, une lueur de feu descendit sur les idoles de Jupin, Mahon, Tervagan et Cahu, et les réduisit en poudre. Tous ceux qui, parmi les assistants, souffraient de quelque mal, les boiteux, les aveugles, les borgnes, sentirent qu’ils étaient délivrés de leurs