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LE SAINT-GRAAL.

regarde ses compagnes, comme pour savoir leur avis. « Si vous voulez, » dit l’une d’elles, « tant de bien à cet homme, sa guérison est entre vos mains. Il nous sera facile à nous toutes de le soulever, de le faire sortir de la nacelle, et de le transporter à l’entrée de votre jardin ; de là, nous le conduirons au préau, et du préau dans votre chambre[1]. Une fois là, vous trouverez aisément le moyen d’avertir le chrétien de venir visiter la plaie de ce dolent chevalier. »

Alors toutes en même temps le lèvent aussi doucement qu’elles peuvent, le descendent sur le rivage et l’emportent jusqu’au jardin, du jardin dans le préau, et du préau à la chambre de la demoiselle, fille du roi. Elles le couchent dans un lit, pour y reposer autant que ses douleurs le permettraient. « Comment vous va-t-il ? » demandèrent-elles. — « Oh ! bien mal, demoiselles, et sans doute je ne vivrai pas jusqu’à la fin du jour. — Il n’y a donc pas de temps à perdre. » Et la fille du roi se hâta d’aller parler au geôlier de son père ; elle fit tant auprès de lui, qu’il lui confia pour quelques

  1. Cette distribution d’une grande habitation, le jardin, le préau et les appartements, n’est pas sans quelque rapport avec nos maisons dont le jardin s’ouvre devant les fenêtres par un large gazon, et se continue plus ou moins loin.