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AVENTURES DE PIERRE.

voisine ; il ôta le frein et la selle de son cheval, et s’endormit jusqu’au point du jour. En s’éveillant il revint à son cheval, lui remit le frein et la selle, laça son heaume, reprit son écu, remonta à cheval et retourna vers le Pin, où le roi se trouvait déjà, attendant, sans trop l’espérer, un chevalier qui consentît à se mesurer avec lui.

Après s’être salués, ils s’éloignent et reviennent l’un vers l’autre avec la rapidité d’un cerf poursuivi par les chiens. Telle est la violence de leur premier choc que les écus ne les garantissent pas et qu’ils sentent le fer pénétrer dans leurs chairs blanches et tendres. Mais le glaive du roi fut brisé, tandis que celui de Pierre fit voler le roi par-dessus la croupe de son cheval, et tellement étourdi qu’Orcan ne put de longtemps penser à se relever.

Pierre alors descendit, et tirant du fourreau l’épée : « Chevalier, » dit-il, « vous avez perdu votre joute ; mais peut-être serez-vous plus heureux à la prise des épées[1]. » En même temps, il lève le brand, et se couvre la tête de l’écu. Le roi se met en garde le mieux qu’il peut ; mais il avait plus besoin de repos que de bataille.

La lutte fut pourtant longue et opiniâtre.

  1. Le combat à pied.