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AVENTURES DE PIERRE.

cheval et des armes ; mais j’ai grand regret d’avoir aussi mal reconnu le bon accueil que j’ai reçu de votre fille et dans votre hôtel. Pardonnez-moi de vous avoir combattu.

« — Non-seulement, » dit le roi, « je vous pardonne, mais je vous tiens de mes meilleurs amis, bien que votre loi me soit odieuse. Maintenant, j’entends à vous demander un grand service. Consentez à combattre à ma place le roi Maraban, qui me met en cause pour un méfait que je n’ai pas commis. Il n’est rien après cela que je ne sois disposé à vous accorder de tout ce qu’il vous plaira de réclamer de moi. Seulement vous aurez soin de cacher votre nom et votre créance ; car si Maraban venait à savoir que vous êtes chrétien, il pourrait refuser de jouter contre un homme d’une autre loi que la sienne. »

Ils revinrent alors au château où le sénéchal, en ouvrant, courut à l’étrier d’Orcan, puis à celui de son compagnon. Pierre fut conduit dans la chambre du roi : dès qu’ils furent désarmés, Orcan envoya quérir sa fille qui, en apercevant Pierron, trembla de tous ses membres. « Belle fille, » dit le roi, « connaissez-vous cet homme ? — Sire, non : je ne pense pas. — Allons ! il ne s’agit plus de feindre, et si vous l’avez jusqu’à présent bien traité, il faut le traiter cent fois mieux encore,