Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 1.djvu/339

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
332
LE SAINT-GRAAL.

comme le meilleur chevalier du monde, celui qui m’a vaincu. Encore m’a-t-il promis davantage, en consentant à devenir mon champion contre Maraban. » La demoiselle ne cacha pas la joie que lui causaient ces paroles, et promit d’obéir à son père, en traitant Pierron du mieux qu’elle pourrait.

Tous les deux étaient couverts de plaies ; mais les médecins appelés déclarèrent qu’il n’y en avait aucune qui ne fût cicatrisée avant un mois. Or c’était justement dans un mois que le champ devait être ouvert à Maraban.

Le jour arriva : Orcan et Pierre se rendirent à Londres où se trouvait déjà Maraban, qui renouvela devant Luce sa première accusation. Le roi de Bretagne demanda au roi Orcan s’il entendait combattre en personne ou présenter un champion. Pierre aussitôt s’avança et tendit son gage que Luce joignit au gage de Maraban.

On ne pouvait deviner dans le palais quel était le chevalier assez téméraire pour se mesurer contre le roi d’Irlande. On savait seulement que c’était un des barons du roi Orcan. L’issue du combat prouva que Pierre n’avait pas trop compté sur ses forces. Après une lutte acharnée qui dura depuis l’heure de prime jusqu’à none, Maraban fut renversé ; Pierre lui trancha la tête et vint la présenter