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LE SAINT-GRAAL.

velle croyance, la fausseté de ses idoles, la vérité de l’Évangile et les preuves de cette vérité. Si bien qu’après deux jours d’enseignements, le roi se trouva désabusé, convaincu, et demanda le baptême. Un ermite, habitant secret de la forêt du Rond-Pin, le purifia dans les eaux saintes. Tous les habitants de l’île suivirent un si bon exemple, et personne ne le fit avec plus d’ardeur que la demoiselle, fille du roi. On changea sur les fonts le nom d’Orcan en celui de Lamer ; et en considération de son premier nom, l’île qu’il gouvernait ne fut plus, à partir de ce moment, connue que sous celui d’Orcanie[1].

« Maintenant, » dit le roi Lamer, « j’ai fait, Pierron, ce que vous m’avez demandé ; je réclame à mon tour, beau doux ami, un don de vous ; me l’accorderez-vous ? — Assurément, s’il est en mon pouvoir de le faire. — Or bien, vous connaissez ma fille Camille ; elle est née de rois et de reines : je vous prie de la prendre à femme, et j’entends en même temps vous saisir de mes terres et de ma couronne. Ainsi pourrez-vous me rendre le plus heureux des hommes. — Ah ! sire, » dit Pierron, « je n’osais espérer tant de bonheur. J’aimais d’amour votre belle fille ; jamais elle

  1. En anglais : Orkney ; en français : Iles Orcades