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LE SAINT-GRAAL.

rais pas choisi, si les autres ne vous eussent volontairement désigné d’eux-mêmes. »

Ils partirent, Josephe, Nascien, Ganor et Galaad, pour la terre d’Hofelise. Reçus à grande joie et grandes fêtes par le peuple de la contrée, Galaad fut couronné pompeusement le jour de Pentecôte, dans la cité de Palagu, alors la plus importante du pays. Ce fut l’évêque Josephe qui le sacra, et répandit sur lui la sainte huile. Galaad régna glorieusement et se fit si bien aimer, qu’en mémoire de lui la terre perdit son ancien nom d’Hofelise pour prendre celui de Galles qu’elle conservera jusqu’à la fin des siècles.

Un soir que le roi Galaad chevauchait seul au travers d’une grande plaine, après avoir chassé toute la journée, il perdit la trace de ses hommes et de ses chiens, ne sut pas retrouver son chemin et ne réussit qu’à s’égarer davantage. La lune qui l’avait longtemps éclairé avait cessé de luire quand, à l’heure de minuit, il distingua devant lui une grande flamme qui semblait jaillir d’une fosse ouverte. Il s’approche, et bientôt il entend une voix : « Galaad, beau cousin, c’est par mon péché que j’ai mérité les tourments que je souffre. » Le roi surpris dit à son tour : « Chose qui me parles et qui te dis mon cousin, apprends-moi qui tu es. — Je suis Siméon, dont tu as