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DESCENDANCES.

lontiers, » répond Josephe ; « faites apporter l’écu que je vous donnai, quand vous allâtes combattre Tolomé Seraste. »

Comme on apportait l’écu, il prit à Josephe un violent saignement de nez. Il humecta les doigts dans le sang qu’il répandait et traça sur l’écu une large croix vermeille. « Voilà, sire, le souvenir que je vous laisse. Tant que durera l’écu, la croix qui le traverse conservera son éclat et sa fraîcheur. Que personne n’essaye de suspendre l’écu à son cou, s’il ne veut être aussitôt puni, jusqu’au dernier des bons, le vaillant, le chaste Galaad, auquel il sera donné de le porter. »

Le roi voulut qu’on approchât l’écu de son visage ; il le baisa à plusieurs reprises, puis demanda à Josephe dans quel endroit il convenait de le garder. « Il restera, » dit Josephe, « à cette place, jusqu’au jour où vous apprendrez le lieu que Nascien aura choisi pour sa sépulture. Vous le ferez déposer sur sa tombe, et c’est là que viendra le prendre le bon chevalier Galaad, cinq jours après avoir été armé chevalier. »

Josephe mourut le lendemain au point du jour et fut enterré dans l’abbaye de Glare, en Écosse, auprès de son père. Il y avait, dans le temps que son âme passa dans l’autre monde, une grande famine en Écosse ; elle cessa tout à