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LE SAINT-GRAAL.

coup, à l’arrivée de son corps. D’autres miracles avertirent les gens du pays de la vénération qu’ils devaient à jamais témoigner pour ses reliques.

Il ne faut pas oublier que Josephe, avant de mourir, avait revêtu son cousin Alain le Gros du don du Saint-Graal, en lui laissant la liberté d’en revêtir après lui celui qu’il jugerait le plus digne d’un pareil honneur. Alain s’éloigna de Galeford, emmenant avec lui ses frères, tous mariés, à l’exception de Josué. Il marcha sans autre direction que celle de Dieu et parvint ainsi dans le pays de la Terre Foraine, dont le roi, depuis longtemps frappé de lèpre, accepta le baptême en récompense de sa guérison miraculeuse. Ce roi s’appelait Calafer ; Alain, en le baptisant, changea son nom en celui d’Alfasan. Alfasan avait une fille qu’il donna en mariage à Josué, frère d’Alain.

Celui-ci avait déposé le saint vaisseau dans la grande salle du palais d’Alfasan ; le roi voulut dormir, la nuit des noces de sa fille, dans une chambre voisine. Après le premier somme, il ouvre les yeux et regarde autour de lui. Sur une table ronde d’argent se trouvait le Graal : au-devant, un homme, revêtu des ornements sacerdotaux, semblait officier ; à l’entour, nombre de voix rendaient grâce à Notre-Seigneur. Alfasan ne voyait pas d’où les chants partaient,