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DESCENDANCES.

seulement il entendait un immense battement d’ailes, comme si tous les oiseaux du ciel eussent été là rassemblés. L’office achevé, le saint vaisseau fut reporté dans la grande salle, et le roi vit entrer un homme de feu, armé d’un glaive : « Alfasan, » lui dit-il, « il est à peine un homme assez saint parmi ceux qui vivent aujourd’hui, qui puisse reposer ici sans recevoir le châtiment de sa témérité. » En même temps, il laisse aller son glaive et lui perce les deux cuisses d’outre en outre. « C’est ici, » dit-il, « le palais aventureux, où nul ne doit à l’avenir pénétrer, s’il n’est le meilleur des bons chevaliers. »

Le lendemain, le roi raconta ce qui lui était arrivé et la punition qu’il avait reçue. Il mourut à quelques jours de là. Dans les âges suivants, tout chevalier assez hardi pour méconnaître cette défense était trouvé mort le lendemain dans son lit. Le seul Gauvain, en considération de ses prouesses, en sortit vivant, mais après avoir subi tant de honte et d’ennui qu’il eût donné le royaume de Logres pour n’y être pas entré.

Le Palais aventureux avait été construit au milieu d’une ville nouvelle, qui, en l’honneur du Saint-Graal, fut appelée Corbenic, mot qui, en chaldéen, répondrait au français : le très-saint vase. Le roi Alfasan fut enterré dans