Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 1.djvu/51

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Gildas, il n’avait rien à dire des généreux efforts d’Artus pour résister à l’oppression des Anglais, dans le petit nombre de pages où sont énumérés les malheurs et les péchés de ses compatriotes. Artus avait cependant existé : il avait réellement lutté contre l’établissement des Saxons, et le souvenir de ses glorieux combats s’était conservé dans le cœur des Bretons réfugiés, les uns dans les montagnes du pays de Galles, les autres dans la province de France habitée par leurs anciens compatriotes. Il était devenu le héros de plusieurs lais fondés sur des exploits réels. Mais l’imagination populaire n’avait pas tardé à le transformer ; chaque jour les lais qui le célé-

    hoc ergo duce, vires capessunt Britones, et victores provocantes ad prœlium, victoriam ipsi, Deo favente, suscipiunt. Et ex eo tempore nunc cives, nunc hostes vincebant, usque ad annum obsessionis Badonici montis, quando non minimas eisdem hostibus strages dabant : sed hæc postmodum. » Il s’agit bien ici de la victoire de Bath ou du mont Badon, dont on s’accorde à faire honneur à Artus. Or, après ce mot, sed postmodum, qu’il faut entendre, mais nous en parlerons plus tard, on doit penser que Bede reviendra sur ces grands événements dans les chapitres suivants. Il n’en est rien cependant : il passe à l’histoire de l’hérésie Pélagienne, raconte une victoire des Bretons due aux prières et au courage de saint Germain, puis arrive à la conversion des Saxons, commencée près d’un siècle après la victoire du mont Badon.