Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 1.djvu/87

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Fit silvester homo, quasi silvis editus esset.

Sa sœur la reine Ganiede envoie des serviteurs à sa recherche. Un d’eux l’aperçoit assis sur les bords d’une fontaine et parvient à le faire rentrer en lui-même en prononçant le nom de Guendolene, et en formant sur la harpe de douloureux accords :

Cum modulis citharæ quam secum gesserat ultro.

Merlin consent à quitter les bois, à reparaître dans les villes. Mais bientôt le tumulte et le mouvement de la foule le replongent dans sa première mélancolie ; il veut retourner à la forêt. Ni les pleurs de sa femme, ni les prières de sa sœur, ne peuvent le fléchir. On l’enchaîne ; il pleure, il se lamente. Puis tout à coup, voyant le roi Rodarcus détacher du milieu des cheveux de Ganiede une feuille verte qui s’y trouvait mêlée, il jette un éclat de rire. Le roi s’étonne et demande la raison de cet éclair de gaieté. Merlin veut bien répondre, à la condition qu’on lui ôtera ses chaînes et qu’on lui permettra de retourner dans les bois. Dès que la liberté lui est rendue, il dévoile les secrets de sa sœur, la reine Ganiede. Le matin même, elle avait prodigué ses faveurs à un jeune varlet, sur un lit de verdure dont une des feuilles était demeurée dans ses cheveux. Ganiede proteste de