Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 1.djvu/86

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


sul romain, et dans l’Historia Britonum fils d’un démon incube, Merlin deviendra dans le poëme français de Robert de Boron l’objet des faveurs égales du ciel et de l’enfer. Il aimera les forêts, tantôt celles de Calidon en Écosse, tantôt celles d’Arnante ou de Brequehen dans le Northumberland, tantôt celles de Broceliande dans la Cornouaille armoricaine. Cet amour de la solitude ne l’empêchera pas de paraître souvent à la Cour, d’être le bon génie d’Uter et de son fils Artus. Ainsi, Geoffroy de Monmouth a pu suivre une tradition qui faisait de la mère du prophète une princesse de Demetie, et du prophète devenu vieux un roi de ce petit pays ; tandis que les continuateurs de Robert de Boron auront suivi la tradition continentale en le faisant retenir par Viviane dans la forêt de Broceliande. Mais ce double récit ne fait pas qu’il y ait eu réellement deux ou trois prophètes du nom de Merlin.

Réunissons maintenant les traits légendaires ajoutés dans le poëme latin à ceux que renfermait déjà l’Historia Britonum.

Merlin perd la raison à la suite d’un combat dans lequel il a vu périr plusieurs vaillants chefs de ses amis. Il prend en horreur le séjour des villes, et, pour se dérober à tous les regards, il s’enfonce dans les profondeurs de la forêt de Calidon.