Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 1.djvu/89

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Merlin reprend le chemin de la forêt. En le voyant partir, sa femme et sa sœur semblent inconsolables : « Ô mon frère, » dit Ganiede, « que vais-je devenir, et que va devenir votre malheureuse Guendolene ? si vous l’abandonnez, ne pourra-t-elle chercher un consolateur ? — Comme il lui plaira, » répond Merlin ; « seulement celui qu’elle choisira fera bien d’éviter mes regards. Je revendrai le jour qui devra les unir, et j’apporterai mon présent de secondes noces. »


« Ipsemet interero donis munitus honestis,
Dotaboque datam profuse Guendoloenam.
 »


Un jour, les astres avertissent Merlin retiré dans la forêt que Guendolene va former de nouveaux liens. Il rassemble un troupeau de daims et de chèvres, et lui-même, monté sur un cerf, arrive aux portes du palais et appelle Guendolene. Pendant qu’elle accourt assez émue, le fiancé met la tête à la fenêtre et se prend à rire à la vue du grand cerf que monte l’étranger. Merlin le reconnaît, arrache les bois du cerf, les jette à la tête du beau rieur et le renverse mort au milieu des invités. Cela fait, il pique des deux et veut regagner les bois ; mais on le poursuit ; un cours d’eau lui ferme le passage ; il est atteint et ramené à la ville :