Page:Paris, Paulin - Romans de la Table Ronde, tome 1.djvu/90

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Adducuntque domum, vinctumque dedere sorori[1].


On ne voit pas que la mort du fiancé de Guendolene ait été vengée, et Merlin demeure l’objet du respect des gens de la cour. Pour lui rendre supportable le séjour des villes, le roi lui offre des distractions et le conduit au milieu des foires et des marchés. Merlin jette alors deux nouveaux ris dont le roi veut encore pénétrer la cause. Il met à ses réponses la même condition : on le laissera regagner sa chère forêt. D’abord il n’a pu voir sans rire un mendiant bien plus riche que ceux dont il sollicitait la charité, car il foulait à ses pieds un immense trésor. Puis il a ri d’un pèlerin achetant des souliers neufs et du cuir pour les ressemeler plus tard, tandis que la mort l’attendait dans quelques heures. Ces deux jeux se retrouveront dans le roman de Merlin.

Libre de retourner une seconde fois dans la forêt, le prophète console sa sœur et l’engage à construire sur la lisière des bois une maison pourvue de soixante-dix portes et de soixante-dix fenêtres : lui-même y viendra consulter les astres et raconter ce qui doit avenir. Soixante-

  1. Il n’y avait rien à tirer de ce singulier épisode, emprunté sans doute à quelque ancien lai. On n’en retrouve aucune trace dans les romans de la Table ronde.