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INTRODUCTION

manuscrits, ont été séparément écrites, sans qu’on eût d’abord l’intention de les coordonner l’une à l’autre. Ces récits ont été disposés comme on les voit aujourd’hui par des assembleurs (il faut me permettre ce mot) qui, pour en effacer les disparates, en former les jointures, ont été conduits à des interpolations et additions assez nombreuses.

Le Saint-Graal et Merlin parurent les premiers. Un second auteur donna le livre d’Artus, que les assembleurs réunirent au Merlin. Un troisième fit le Lancelot du Lac ; un quatrième, la Quête du Saint-Graal, qui compléta les récits précédents.

Ces livres, composés à des époques assez rapprochées, furent d’abord transcrits à petit nombre, en raison de leur longueur et du refus que faisaient les clercs de les admettre dans le trésor des maisons religieuses. On n’en trouvait çà et là un exemplaire que chez certains princes pour lesquels on les avait copiés et qui rarement les possédaient tous. Helinand, dont la chronique s’arrête à l’année 1209, n’en avait parlé que par ouï-dire, et Vincent de Beauvais, qui nous a conservé cette chronique en l’insérant dans le Speculum historiale, ne semble pas les avoir mieux connus. Voici les précieuses paroles d’Helinand :

« Anno 717. Hoc tempore, cuidam eremitæ monstrata est mirabilis quædam visio per An-